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Lady & Bird - La ballade of Lady & Bird
Article de type
Chronique
publié dans le genre
Pop/Rock
le 14/09/2009 par Michaël Rochette

Duo improbable entre Keren Ann et l'islandais Barði Jóhannsson, Lady & Bird nous offre un disque de très haute tenue. Petit bijou taillé de mains de maître, La Ballade of Lady & Bird se révèle un album aussi classieux qu'ambitieux. Alors, respect.
Oui, respect. Respect déjà à Keren Ann, une des chanteuses francophones (difficile de dire "française" avec un bagage comme le sien) les plus volubiles et les plus créatives de sa génération, qui s'offrit l'air de rien avec l'Islandais Barði Jóhannsson un side-project des plus excitants où les dernières frontières de son délicat songwriting pop ont été abolies pour donner naissance à une poignée de chansons légères et nacrées comme de la mousse de perles. Respect donc à Lady & Bird, duo résolument intemporel et apatride qui, associé aux quatre-vingt musiciens du Iceland Symphony Orchestra, livre ici un des disques les plus improbables de cette rentrée 2009. Alors certes, prenez n'importe quelle chanson et greffez-y un orchestre symphonique derrière, il y aura toujours moyen que ça ait de la tronche (même Vincent Delerm). Le vrai pari - relevé ici -, c'est de ne pas avoir dénaturé la nature des compositions du duo en les noyant sous une tonne de cordes et deux quintaux de cuivres. Le mérite revenant au dénommé Thorvaldur Bjarni Thorvaldsson qui prendra le parti de réarranger ces chansons au scalpel plutôt que de céder à l'appel facile du bon coup de truelle.
Ainsi parés d'atours baroques délicatement ciselés par l'orfèvre islandais, les répertoires solos de Keren Ann (Not going anywhere, Sailor & Widow, Que n'ai-je ?...) et de Barði Jóhannsson (Ghost from the Past, The Word is Grey, Forward and Reverse…), accompagnés de – finalement assez rares – chansons de Lady & Bird (Run in the Morning Sun, One More Trip…), scintillent littéralement, caressés ici par un clavecin, brossés là par un hautbois, dans un classicisme des plus modernes. Et malgré une introduction flamboyante et épique qui annonce bien qu'on n'est pas là pour vendre des gaufres (Malmö livs), l'ensemble du récital parvient miraculeusement à conserver une dimension intime ; et ce qui aurait facilement pu tourner à l'épopée homérique demeurera une simple ballade. Celle de Lady & Bird, donc. Respect.
C'est vraiment super bien écrit !
Par amfadmin il y a moins de 5 mois | Signaler un abus